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5 films à bande originale plus qu’originale

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5 films à bande originale plus qu’originale Posted on 26 décembre 2020
Eric Serra, compositeur de musique du cinéma français

Visionner un film sans son, c’est comme manger une tartine beurre-confiture sans confiture. C’est comme marcher dans le sable avec des chaussures de sécurité. Visionner un film sans son, c’est sortir prendre l’air et être masqué. Le son d’un film, c’est sa deuxième dimension, c’est sa consistance, son existence pleine qui s’évapore hors de l’écran.

Mais la musique… peu importe le genre, elle vient nous chercher. Elle fait monter certaines émotions en nous encore bloquées au fond du ventre. Quelque chose se passe : notre ressenti s’accentue, nous plongeons dans le récit avec nos sens bien plus ouverts, tout s’accorde en nous.

Depuis un petit moment, je me surprends à « shazamer » toutes les musiques qui éveillent mes oreilles pendant un film, et à les réécouter en savourant les images dont je me remémore. Le film en question devient alors plus important, et certaines fois ne m’en laisse que le souvenir de la bande originale, mais quel souvenir !

Voici 5 films qui m’ont marquée, en partie grâce à leur B.O :


Alabama Monroe

Quelques notes de banjo, et le concert oculaire commence.

Le synopsis : C’est l’histoire d’un amour, d’abord. Une jeune tatoueuse et un musicien tombent fous amoureux l’un de l’autre. Ils ne vont plus se quitter, vont s’épanouir dans leur univers festif, chaleureux, doux et mélodieux. Jusqu’à ce que la vie, plus dure, reprenne le dessus.

Alabama Monroe est un film de musique. Il l’est entièrement, sans qu’elle soit lissée, artificialisée ; elle est là, tout le long. C’est un film qui passe par de nombreuses sensations, et la bande originale accompagne cette lourde histoire de manière si intense qu’on en ressort vidé. Je l’ai vu de nombreuses fois, et même là, tout en écrivant, l’envie de le regarder une nouvelle fois me démange. Cette musique country avec tous ces musiciens, ces instruments, ces voix chaleureuses et ces images mélangés ensembles, c’est un délice. C’est une musique que l’on voit, car ce sont les personnages eux-mêmes qui chantent et jouent. Nous sommes alors d’autant plus liés avec leur histoire. Alabama Monroe est mon film à bande originale divine : mêler un récit aussi dur à une partition aussi chaleureuse, c’est beau, c’est encore plus attachant. C’est un film que l’on a envie de prendre dans nos bras.


Et maintenant, on va où ?

Et maintenant, on va où ? Titre- question qui est le pilier d’une petite histoire d’hommes, et d’une grande histoire de femmes.

Le synopsis : Au Liban, dans un petit village au milieu de la guerre, les musulmans et les chrétiens cohabitent en paix. Les hommes, qui se provoquent tour à tour, risquent à tout moment de diviser le village ; alors les femmes se soutiennent et inventent des stratagèmes pour les protéger de la haine.

Nadine Labaki est une réalisatrice qui sait employer le drame en y mêlant légèreté et musicalité : les personnages chantent, les mélodies se succèdent, et la musique est un moyen d’évasion. Et maintenant, on va où? c’est une histoire de religions, de division : la musique est celle qui unit. Telle une comédie musicale, le film avance grâce aux chansons, qui sont elles-mêmes chantées par les comédiens. La dureté du sujet du film pourrait nous amener à en ressortir mélancolique, mais la musique est tellement présente qu’elle est comme une berceuse qui adoucit le drame, qui nous réconforte. La bande originale entière étant du même compositeur, le film en devient harmonieux de toute part, et parfois même on oublie ces instruments à cordes qui accompagnent l’histoire. Parfois on oublie, et parfois les chansons sont tellement vivantes et spontanées qu’il n’est plus possible d’oublier, et alors on a plus qu’à profiter. Et maintenant, on va où? c’est une belle histoire qui vaut le détour déjà par son écriture, et qui nous conquit grâce à sa musique.


Queen & Slim

Les nouveaux Bonnie & Clyde ?

Synopsis : L’histoire commence par la rencontre de deux jeunes adultes dans un fast food, via Tinder. Après un contrôle de police qui tourne mal, l’allure du film se transforme en road-movie et les deux jeunes protagonistes s’embarquent pour une cavale à travers l’Amérique.

Il me semble que Queen & Slim est Le film qui m’a donné envie d’écrire un article sur ces bande originales. Quand je l’ai découvert, j’ai aimé cette histoire d’un amour qui se crée dans la détresse et la fuite, mais j’ai surtout aimé les morceaux qui se sont enchaînés tout le long. Ici, ce n’est pas un artiste, un genre, mais une multitude d’univers musicaux. On pourrait penser que ça nous perd, qu’il n’y a pas de lien, mais bien au contraire c’est ce qui fait la richesse du film. Sur un fond de hip-hop, de soul, de jazz, d’afrobeat, les deux amants avancent à travers toutes ces ambiances qui leur donne une force et une puissance que nous admirons tous. Un peu de rap, et ils deviennent les rebelles les plus stylés, un brin de soul et alors ils deviennent des amants tant enviés. Burna Boy, Lil Baby, Lauryn Hill, de grands artistes ont participé à cette œuvre musicale, d’autres grands artistes ont été repris pour y participer aussi, c’est une mélange de générations, de genres, d’histoires qui nous amènent à celle que Melina Matsoukas a voulu nous partager, celle de Queen et Slim.


Good Morning England

Ouvrez grands vos oreilles et embarquez à bord de Radio Rock !

Synopsis : Angleterre, 1966. Le rock arrive à grands pas, mais aucune radio légale n’en diffuse. Une radio pirate s’empare alors de tous les auditeurs, et à bord de son bateau, libère le rock et libère les mœurs. Un jeune homme découvre cet incroyable univers en embarquant sur ce bateau pirate, son oncle en étant le capitaine.

Comment ne pas mettre Good Morning England dans un article qui fait l’éloge de la musique ? Ce film est une déclaration d’amour au rock, un partage intense des plaisirs de la musique, une ode à la composition. Près de 20 titres des années 60 prennent place dans cette fiction empruntée au réel, s’enchaînant avec fluidité et toujours aussi savoureux les uns que les autres. En même temps que l’on découvre une vraie histoire, avec des vrais personnages, de l’humour et du drame, on en apprend aussi sur la musique, sur l’histoire des débuts du rock, on en devient très curieux ! On en ressort rebelle, chargé d’un élan de vie, d’une volonté de profiter, de s’éclater, de danser et de chanter. Depuis que j’ai découvert ce film, sa bande originale me suit partout, de mes écouteurs à ma salle de bain : c’est un vrai cadeau pour les amoureux de la musique ! Jimi Hendrix, The Who, David Bowie, The Turtles, The Kinks, les groupes du rock naissant sont presque tous présents dans ce long-métrage radiophonique. Good Morning England, c’est un film que l’on écoute en boucle.


Il était une fois dans l’ouest

Voici que se termine cette liste, avec comme musique de fin celle d’Ennio Morricone qui clôt à merveille cet article.

Synopsis : Western italo-américain mettant en scène les rivalités de cette époque. Un conflit pour un chemin de fer, une veuve traquée pour ses terres, des bandits armés jusqu’aux dents, et une tension qui éveille ces protagonistes du far west.

Si ce classique fait partie de cette liste, c’est qu’il n’est plus trop revu par les jeunes générations, alors qu’il vaut le détour. D’abord pour ce qu’il représente : le cinéma de Sergio Leone, les plans américains, les regards caméras, les longs moments de tension sous le soleil chaud. Il est pour moi surtout un classique de la musique. Ennio Morricone, aussi reconnu que le réalisateur, est un compositeur qui sait utiliser les différents instruments, les voix, l’orchestre, pour donner aux images une toute autre dimension, aussi proche et éloignée qu’elles. Morricone nous traverse de partout et laisse la trace de son passage, laissant en nous une humeur étrange, une sensation inconnue. Nous n’en ressortons ni tristes ni mélancoliques, mais une sorte de nostalgie vient nous envahir, pendant le film ou même rien qu’en réécoutant sa bande originale seule. Nous frémissons rien qu’à réentendre une note de l’harmonica. J’ai découvert Il était une fois dans l’ouest de manière idéale, au cinéma, et croyez-moi ça a fait toute la différence, alors si vous décidez de le visionner, oubliez les enceintes de vos ordinateurs et de vos téléphones, et armez-vous !


Bien entendu, sélectionner 5 films à superbe BO, c’est omettre tous les autres chefs d’œuvre des compositeurs de cinéma : les longs-métrages présents ici sont ceux qui m’ont sans doute le plus marqué, et qui m’ont, moi, touchée. En espérant qu’ils vont intrigueront de la même façon !

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