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Mangas et Féminisme : La place des femmes dans les mangas

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Mangas et Féminisme : La place des femmes dans les mangas Posted on 20 octobre 2021

Les mangas. On en a tous lu un ou deux durant notre jeunesse, que ce soit par curiosité, parce que l’un d’eux trainait dans la bibliothèque de nos parents ou de nos frères et sœurs, et pour certains, cela est même devenu une passion. Quand on découvre les mangas à un jeune âge, on ne remarque pas forcément certaines choses qui nous sautent aux yeux bien plus tard et on grandit sans se poser trop de questions, jusqu’au jour où on réalise. On réalise que l’univers des mangas n’échappe pas à des problématiques sociétales, tous ces petits défauts nous semblent alors évidents et on comprend que les mangas contribuent d’une certaine façon au sexisme. Parmi les mangas les plus connus et les plus vendus aux mondes, on peut citer One Piece, Dragon Ball, Naruto… Des mangas composés essentiellement de protagonistes masculins à destination d’un public cible masculin. On remarque ainsi que les rôles féminins sont souvent mis au second plan, de diverses manières. De fait, les femmes sont très souvent mises de côté et représentées comme faibles (du moins plus que les personnages masculins), sexualisées, mais aussi dépendantes des personnages masculins. Néanmoins, il est important de faire une nuance et de bien comprendre que l’on parle ici des personnages féminins d’une façon générale. Il existe bel et bien des exceptions sur lesquelles nous reviendrons plus tard. Nous nous focaliserons ainsi sur la place des femmes dans deux des genres les plus connus du manga : les shōnen et les shōjo.

Shōnen, shōjo, qu’est-ce que ça veut dire ?

Le manga est une bande dessinée japonaise qui, comme beaucoup le savent, se lit généralement de droite à gauche. Les mangas peuvent être classés dans différentes catégories selon l’âge et le sexe du lectorat visé. Ainsi, on peut noter six genres démographiques distincts : le kodomo (signifiant littéralement « enfant »), à destination des enfants de 6 à 11 ans ; le shōnen (littéralement « jeune garçon »), consacré à un public masculin jeune allant de la primaire au lycée ; le shōjo (« jeune fille »), destiné à un public féminin jeune allant de la primaire au lycée ; le seinen (« jeune homme »), qui peut être considéré comme la continuité du shōnen, pour un public adulte masculin ; le josei, dédié à un public adulte féminin ; et enfin le seijin qui s’adresse aux adultes et plus particulièrement aux hommes. Il existe aussi d’autres genres dérivés du manga comme les hentai (manga pornographique), les yaoi (centrés sur une relation amoureuse et/ou sexuelle entre hommes), les yuri (centrés sur une relation amoureuse et/ou sexuelle entre femmes), etc.

En observant ces différentes catégories du manga, on remarque déjà qu’elles sont classées suivant le genre du lecteur. D’autre part, en prenant l’exemple des shōnen et des shōjo, on peut aussi noter que ces genres sont nettement différents. En effet, le shōnen se consacre plus à des histoires d’aventures dans lesquelles le héros, souvent jeune, est amené à combattre pour le bien et où chaque épreuve qu’il rencontre le rend plus fort. Ce héros est aussi souvent entouré d’une bande d’amis et d’un rival (exemple : One Piece, Fairy Tail, Bleach, One-Punch man, etc.). Au contraire, les shōjo sont bien plus souvent basés sur des histoires d’amour, se déroulant souvent au collège ou au lycée. Les thèmes les plus abordés dans ce genre sont donc majoritairement l’amour et l’amitié mais ils peuvent aussi s’associer à la fantasy (exemple : Kilari, Sailor Moon, Chocola et Vanilla, Fruit Basket, etc.).

Des figures masculines avant tout :

Ainsi, on constate déjà une classification selon le genre. C’est-à-dire que les jeunes filles liront des histoires d’amour tandis que les jeunes hommes liront des histoires d’aventure et de bagarre. Par conséquent, les premiers rôles dans les shōnen sont majoritairement masculins et certains shōnen effacent même toute présence féminine. C’est le cas notamment dans Jojo’s Bizarre Adventures, Saint Seiya (Les Chevaliers du Zodiaque) ou encore dans Hunter x Hunter, où les personnages féminins sont moindres comparés au nombre de personnages masculins voire mis au second plan ou carrément évincés. Par exemple, dans Hunter x Hunter, le héros, Gon, est entouré d’une bande d’amis composée exclusivement d’hommes. Il en va de même pour Saint Seiya où les chevaliers sont quasiment tous masculins. On pourrait penser que c’est « logique », puisque le shōnen est un genre « réservé » aux jeunes garçons.

Hunter x Hunter

Seulement, on remarque le même phénomène chez les shōjo, d’une manière néanmoins différente. En effet, si dans les shōjo les personnages sont majoritairement féminins, il n’en reste pas moins que les hommes conservent une place importante. C’est-à-dire que, avec des histoires majoritairement centrées sur les rencontres, les premiers émois et les relations amoureuses (d’ailleurs très souvent hétérocentrées, ce qui est un autre problème), les personnages masculins gardent une place très importante dans ce genre pourtant dit féminin. On remarque par exemple que les héroïnes sont souvent dépendantes aux hommes dans le sens où, en tombant amoureuses, elles pensent constamment à eux, les mettant au centre de leurs préoccupations comme le montre par exemple Kilari. En effet, l’héroïne, prénommée Kilari, décide de devenir une idole pour être plus proche du garçon qu’elle aime. L’accomplissement et la clé du bonheur pour les héroïnes de shōjo semble être de pouvoir être aimées par le garçon qu’elles aiment. On laisse ainsi croire que les héroïnes ne peuvent s’épanouir qu’en étant amoureuses, et que c’est grâce à cela qu’elles pourront réaliser leurs rêves. Au contraire des shōnen, le thème de l’amour et les crushs sont quasi constants dans les shōjo, même dans des mangas plus fantasy comme Sailor Moon. Il existe bien évidemment des exceptions mais de manière générale, cette idée d’épanouissement et d’accomplissement grâce à l’amour reste omniprésente. Par conséquent, au lieu de se centrer sur l’évolution et l’épanouissement personnel des héroïnes, les shōjo montrent aux jeunes filles que même très jeunes, elles doivent tomber amoureuses, ce qui pose problème. En effet, le jeune lectorat féminin lisant des shōjo grandira forcément avec l’idée que les garçons doivent être au centre de leurs pensées.

Pourquoi est-ce problématique ?

Au-delà du fait qu’il soit problématique de transmettre l’image de jeunes filles en pleine construction obnubilées par les garçons et l’amour, il est important aussi de remarquer que si dans les shōjo, les histoires sont très souvent tournées vers le thème de l’amour, il n’en est rien dans les shōnen. En effet, on remarquera que les héros de shōnen, souvent de jeunes garçons, n’ont bien souvent que faire des relations amoureuses comme le montre Sasuke dans Naruto, à la différence du héros éponyme de ce manga qui peut servir de contre-exemple puisque Naruto, dès le début du manga, est obsédé par Sakura (même si là encore on peut faire une distinction nette avec son « obsession » pour sa camarade puisqu’il s’agit d’un élément mineur de l’intrigue du manga). En fait, cette idée est assez révélatrice de ce que l’on inculque dans la réalité aux enfants. En effet, l’idée du « prince charmant » est très vite intériorisée chez les jeunes filles à force de le leur répéter dans des livres, dessins animés, bien souvent très genrés, « qualifiés » pour jeunes filles. Cette idée même de faire une distinction entre les jeunes filles et les jeunes garçons et leurs attendus est problématique car dans les mangas, on inculque ainsi aux enfants à différencier ce qui va plaire aux jeunes filles, les shōjo, et aux jeunes garçons, les shōnen. Cette distinction persiste jusqu’aux genres plus matures du mangas avec les seinen et les josei, insistant sur cette différence de genre. On peut se demander pourquoi les shōjo à destination d’un public jeune comme Sailor Moon font le choix de mettre en avant, en plus du thème de l’amitié qui se suffirait déjà pour faire une bonne histoire comme on peut le voir dans les shōnen, des histoires d’amour dans lesquelles les héroïnes sont souvent jeunes. Cela fait écho à la phrase que beaucoup d’enfants ont déjà entendu : « alors, tu as un.e amoureux.se ? ». Ce genre de phrase clichée contribue à sexualiser les enfants, mêmes très jeunes, déjà en leur présentant comme seule normalité des relations hétérocentrées, mais aussi en leur mettant en tête que même jeunes, ils doivent avoir une « relation », être amoureux de quelqu’un, au lieu de grandir simplement et se construire seul. Ces deux genres contribuent donc à faire persister l’idée que les hommes aiment la bagarre et l’aventure tandis que les femmes doivent se réserver aux histoires d’amour avant tout.

L’image des femmes, entre sexualisation et objectivation :

De fait, les mangas différencient énormément les figures féminines et masculines. En effet, on peut voir dans beaucoup de shōnen des hommes en armures, en costumes de super-héros élaborés alors que les femmes se retrouvent souvent à porter des tenues très près du corps, dévoilant souvent beaucoup de peau. On a ainsi l’impression que les personnages féminins sont réduits à leur corps qui sont d’ailleurs idéalisés et sexualisés. C’est le cas notamment de One Piece et Fairy Tail où les femmes sont montrées avec des tenues très minimalistes. On remarque aussi que la représentation de certains personnages dans One Piece a évolué au cours du manga, comme Nami dont la poitrine a augmenté de volume, sans raison apparente. Ces deux mangas font presque des femmes des objets, presque toujours présentés avec une forte poitrine.

Nami dans la saison 1 de l’anime
Nami quelques saisons plus tard…

Ainsi, on peut parler de « fan service », c’est-à-dire que l’on va alimenter le fantasme et la passion des fans avec des représentations sexualisées pour ne pas dire érotiques. On retrouve justement cet exemple avec My Hero Academia où l’on distingue une nette différence entre le corps des personnages féminins dans le manga, puis dans l’anime. En effet, si dans le manga, les corps féminins étaient dessinés de manière beaucoup plus naturelle et proche de la réalité, ils ont été, à la demande du fan service justement, affinés pour « répondre à des critères » et aux dictats de la beauté dans l’anime. D’ailleurs, tous les prétextes sont bons pour dénuder les femmes. On peut le voir dans l’OAV* 5 de Fairy Tail où à la suite d’une mésaventure, Erza se retrouve à perdre son maillot (ce qui n’était franchement pas nécessaire).

* OAV : Original Animation Video, animé destiné directement au marché de la vidéo sans passer par la case télé ou cinéma.

A coté de cette sexualisation du corps des personnages féminins, on peut aussi constater que les femmes ont souvent des rôles moins valorisants, des personnages faibles et des compétences minimes au combat. Les personnages féminins dans les shōnen sont aussi souvent mis au second plan, avec des pouvoirs magiques simples, ou peu de force. Prenons par exemple Naruto, le mangaka lui-même aurait annoncé ne pas savoir créer de personnages féminins. Ainsi, on peut déjà noter qu’il y a nettement moins de figures féminines dans les équipes (souvent 1 femme pour 2 hommes). Les connaisseurs du manga diront que les femmes dans Naruto sont tout de même puissantes, et on peut effectivement en trouver plein d’exemples. Seulement, ces figures ont souvent une force « limitée », qui n’égale jamais la force de leurs camarades masculins. C’est le cas de Sakura qui est présentée d’abord comme un personnage faible, n’ayant pas forcément énormément de potentiel et qui se retrouve par la suite, après l’enseignement de Tsunade, avec une force physique énorme. Seulement, elle n’atteindra jamais le niveau de Sasuke et Naruto et se retrouvera toujours derrière eux. De plus, les personnages féminins « forts » sont souvent présentés avec un fort caractère, l’un ne semblant pas pouvoir aller sans l’autre. Bien sûr il existe des exceptions, comme le montre Erza dans Fairy Tail, mais de façon générale, les femmes sont perçues comme plus faibles que les hommes.

Cette manière de représenter toujours les femmes comme plus faibles que les hommes est aussi accentuée par cette idée de la « demoiselle en détresse » comme dans Bleach où l’un des arcs se résume essentiellement au sauvetage d’Orihime qui a été kidnappée. Sous prétexte de galanterie, on notera aussi que beaucoup de personnages masculins ne veulent pas se battre avec des femmes alors que, rappelons-le, l’un des thèmes principaux du shōnen est la bagarre. D’autre part, les personnages féminins ont souvent des pouvoirs ou des rôles très « féminisés ».  Par exemple, dans Naruto, ce sont essentiellement des femmes qui ont des compétences en guérison comme Tsunade, Ino ou Sakura.

Banalisation du harcèlement et des agressions sexuelles :

L’un des problèmes majeurs en lien avec la façon dont les femmes sont représentées dans les mangas, c’est la banalisation du harcèlement et des agressions sexuelles. En effet, à de nombreuses reprises, on peut constater à quel point les shōnen banalisent ces actions. Cela peut passer par du harcèlement « léger » comme le montre Sanji dans One Piece, qui n’a de cesse d’admirer le corps des femmes et les réduit ainsi seulement à leur apparence, tombant amoureux à tout va, et ne pouvant se résoudre à les combattre. Parfois, cela peut prendre des proportions beaucoup plus graves, comme le montre un autre personnage de One Piece. Absalom est un personnage grossier et pervers à la recherche d’une épouse. Il aime surtout les jeunes femmes faibles et ne peut concevoir d’être rejeté. Ainsi, il a agressé Robin en la léchant sur tout le corps puis s’est désintéressé d’elle car elle ne correspondait pas à ses standards et a espionné Nami lorsqu’elle était nue sous la douche, avant de la plaquer contre le mur de la salle de bain, et allant jusqu’à l’enlever pour en faire son épouse.

Sanji dans One Piece

On peut trouver un autre exemple horrible de non-consentement et d’agression sexuelle dans Assassination Classroom, où l’un des personnages surnommé Bitch-Sensei (ce qui pourrait déjà poser problème) se retrouve enfermé dans une remise par Koro-Sensei, et alors que de l’extérieur les élèves ne peuvent voir ce qui se passe et n’entendent que des gémissements, Bitch-Sensei ressort de la remise pantelante, nous laissant nous interroger sur ce qui a pu se passer. Ce qui est problématique avec une telle scène, c’est qu’alors même que l’on voit le personnage de Bitch-Sensei crier et se débattre au début, nous laissant tout le loisir d’imaginer les horreurs qu’a pu lui faire Koro-Sensei avec ses tentacules, on la voit ressortir béate, comme si quoi qu’il ait pu se passer, cela lui avait finalement plu. Ainsi, on banalise déjà une agression, mais en plus on remet en cause la question de consentement puisqu’elle s’est tout de même débattue, et on valide cet acte en faisant penser au public que Bitch-Sensei a finalement apprécié ce qui s’était passé.

Le Bad Boy, ou la romantisation de la masculinité toxique :

Cette banalisation du non-consentement et des agressions sexuelles est omniprésente dans les mangas, que ce soit dans les shōnen, comme dans les shōjo. En effet, on retrouve bien souvent dans les shōjo cette figure du bad boy qui attirent toutes les filles alors qu’il n’en a que faire, ou au contraire il peut s’agir d’un don juan enchainant les conquêtes. Le problème avec cette figure est que fréquemment, elle sert à romantiser la masculinité toxique. De fait, on retrouve souvent une héroïne se faire mener en bateau par le garçon qu’elle aime, qui la tourmente soit en la harcelant parce qu’il ne veut pas qu’elle réalise ses sentiments, soit en jouant avec ses émotions en la rendant jalouse ou en la blessant. Cette idée du « fuis-moi je te suis, suis-moi je te fuis » mène souvent les héroïnes à devenir dépendantes, obnubilées par le garçon qu’elles aiment alors même qu’il peut agir de façon ignoble avec elles. En outre, on retrouve aussi le problème du non-consentement dans beaucoup de shōjo comme dans Honey x Honey Drops où l’héroïne est poussée à avoir des relations sexuelles avec le garçon qu’elle aime contre son gré. Ainsi, sous prétexte qu’elles sont amoureuses, on fait passer ces actes comme « normaux », puisque comme elles ont des sentiments pour ces garçons, elles ne devraient pas avoir de problème avec le fait de leur faire plaisir en acceptant leurs faveurs sexuelles. On peut retrouver un autre exemple de masculinité toxique dans Wolf Girl and Black Prince, un shōjo dans lequel le héros tourmente l’héroïne en la faisant espérer qu’il partage ses sentiments et dans lequel l’héroïne est justement représentée comme soumise, dépendante, ne discutant jamais les décisions et les actions du garçon qu’elle aime car justement, elle l’aime. Mais est-ce vraiment cela l’amour ? Et est-ce que c’est vraiment ça qu’on veut inculquer aux enfants (puisque rappelons-le, les shōjo et shōnen sont à destination d’un public jeune) ?

Cette sexualisation du corps des femmes, la façon dont on les représente, faibles et dépendantes aux hommes, et cette banalisation du non-consentement et du harcèlement – tout cela pose problème. En effet, il ne faut pas oublier que les mangas sont accessibles à un public jeune, voire très jeune. Ainsi, on donne aux enfants l’idée que c’est normal et qu’il est valide d’agir de la même façon dans la réalité.

Des exceptions – Antihéros et mise en avant de femmes puissantes et indépendantes :

Évidemment, il existe des exceptions, et la représentation des femmes dans les mangas évolue de manière plutôt positive. Déjà, on peut noter quelques exceptions comme L’Attaque des Titans ou encore Jujutsu Kaisen. En effet, dans L’Attaque des Titans le héros, Eren, pourrait être qualifié de « antihéros ». De fait, il est représenté au début du manga comme n’ayant pas de talent particulier, le rendant parfois faible comparé aux autres personnages, mais sa volonté d’acier l’aidera à surpasser les obstacles et à s’améliorer. A l’inverse, son amie d’enfance, Mikasa, est présentée comme un personnage féminin puissant et brillant. Elle est très rapidement perçue comme un génie, arrivant première de sa promotion, et elle n’hésite pas à aider et protéger Eren. De manière générale, les personnages féminins sont montrés d’une façon très positive dans ce manga et ne sont ni distingués, ni dévalorisés par rapport aux personnages masculins comme dans d’autres shōnen. Ainsi Hansi, autre personnage féminin du manga, est présentée comme une femme très intelligente et brillante, à la tête de de la 4ème escouade du bataillon d’exploration (notez d’ailleurs que si la version anime genre Hansi au féminin, le manga quant à lui en fait un personnage non binaire loin des clichés de la transidentité dans certains mangas). On peut aussi évoquer Annie qui démontre très vite des compétences remarquables dans le maniement de la lame et en combat. De la même manière, Jujutsu Kaisen présente des personnages féminins très puissants comme Nobara ou encore Maki. Ces deux mangas montrent ainsi qu’il n’y a pas besoin de sexualiser les femmes pour en faire de bons personnages. Un autre manga pouvant servir de contre-exemple et mettant en avant des figures féminines est The Promised Neverland puisque même s’il s’agit d’un shōnen, nous n’avons pas affaire à un mais à une héroïne, Emma, qui a des facultés d’apprentissage et des capacités physiques hors du commun. Enfin, le shōjo Yona, Princesse de l’Aube aborde l’histoire d’une jeune princesse qui, forcée d’abandonner sa position, va devoir apprendre à se battre pour regagner le trône qui lui revient de droit, montrant ainsi qu’une fille n’a pas besoin des hommes pour se protéger et se battre.

Yona dans Yona, Princesse de l’Aube

Les femmes dans le Manga aujourd’hui, une évolution positive ?

On remarque aujourd’hui une évolution plutôt positive des figures féminines, que ce soit dans les shōjo comme dans les shōnen. Avec l’apparition déjà de mangas publiés directement en ligne ou via des applications comme les webmanga (pour les mangas) ou les webtoon (pour les manhwas, nom donné aux BD coréennes), on constate ainsi un renouvellement du shōnen et du shōjo ainsi que d’autres genres du manga. De cette manière, on peut noter l’émergence d’une multitude de webtoon shōjo fantasy mettent en avant des héroïnes fortes, indépendantes, qui décident par exemple de mettre fin à leurs relations ou leurs fiançailles (même si elles peuvent rencontrer l’amour par la suite) pour se focaliser sur elles et leurs rêves. De même que beaucoup de shōnen webtoon vont faire apparaitre plus de rôles féminins, leur donnant aussi plus d’importance dans l’intrigue.

Enfin, pour conclure cet article, il est important de prendre en compte que le sujet de la place des femmes dans les mangas a été abordé ici de manière générale. Ainsi il se peut qu’il y ait des exceptions bien sûr. De plus, notez que cet article n’a pas été réalisé dans le but de vous faire arrêter de lire les mangas cités, au contraire, car beaucoup de ces mangas montrent aussi de belles valeurs et donnent de beaux messages (comme Naruto qui, malgré tout le mal que j’ai pu en dire, est un manga avec de magnifiques valeurs sur l’amitié). Mais il est important, quand on lit un manga, comme quand on regarde une série, un film, ou autre, de garder un regard critique, et de pouvoir constater ce qui pourrait poser problème afin de l’améliorer. En effet, on peut espérer qu’à l’avenir les femmes seront représentées de façon beaucoup plus saine dans les mangas et les animes.

Si vous voulez en apprendre plus et approfondir le sujet du sexisme dans les mangas, je vous conseille l’article du Monde, Loin de #metoo, le discret débat du sexisme dans le manga, ainsi que celui de Louise Carron de la Morinais, Alice Escriou, « Évolution de la représentation féminine dans le manga. De Lady Oscar à Nausicaä », texte présenté pendant l’exposition « Valeurs intersectionnelles de l’art » organisée par la BAFFE avec le soutien de Philomel, Mois féministe de Sorbonne Université, mars 2020.

2 comments

    1. Merci pour ton commentaire ! Je me doute bien que les avis peuvent diverger sur un sujet si complexe et je te remercie de m’avoie lue 🙂

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